En ce moment, sur Tahiti se déroule la Billabong Pro, une étape de la Coupe du Monde de surf qui réunit les meilleurs surfeurs du monde. Et pour ceux qui aiment le surf et qui sont sur Tahiti,
c'est l'événement de l'année à ne pas manquer, notamment pour voir les stars de la discipline tels que Kelly Slater (connu pour dominer la discipline depuis plus de 15 ans et pour avoir tourné
dans Alerte à Malibu !), Andy Irons (à la retraite mais qui a eu une invitation) ou le régional de l'étape, Michel Bourez, le seul Tahitien du Top 45.
La compétition se déroule plus exactement à Teahupoo (prononcer "Ti-E-Po" et surtout pas "Té-A-U-Po" sous peine de passer pour un touriste !), sur la côte ouest de la Presqu'île, qui pour
l'occasion transforme sa plage de galet en petit village et sa marina en gare maritime. Dans le circuit de la Coupe du monde, Teahupoo est réputée pour être la vague la plus dangereuse et
technique, c'est un peu l'équivalent de Monaco pour la Formule 1. La vague est dangereuse car le récif est tout près et les vagues sont très hautes. En cas de mauvaise chute, le surfeur peut se
retrouver projeté sur les coraux du récif et cela peut être très grave, il y a malheureusement eu des accidents mortels.
Eve et moi y sommes allés lors du premier jour et nous avons pu voir le spectacle de près, ce qui est aussi une particularité de Tahiti. Sur les autres "spots", d’après ce que nous avons compris,
les gens sont obligés de regarder le spectacle de loin avec des jumelles. Tandis qu’à Tahiti, un service de bateau taxi est mis en place pour l'occasion et les spectateurs peuvent suivre la
compétition au bord des vagues, ce qui est assez impressionnant. Le problème, c'est qu'à moins d'être sur un bateau VIP, on a de fortes chances d'avoir un bateau (VIP justement) entres nous et
les surfeurs, ce qui peut gâcher le point de vue sur certaines vagues. Heureusement, comme il y a des vagues et de la houle, les bateaux bougent et on arrive régulièrement à bien voir. En
revanche, pour les photos, c'est une autre affaire, comme ça bouge et comme il y a des obstacles, il n'a pas évident de faire de bonnes photos. Les meilleures que j'ai pu prendre sont sur un
album Flickr :
http://www.flickr.com/photos/dahduhdah/sets/72157618465895200/
Sinon, comment ça se passe une compétition de surf ? Le novice que j'étais il y a 10 jours peut maintenant vous en décrire une. Cette année, le format de la compétition est des plus simples car
il se présente sous la forme d'un tournoi à éliminations directes. Lors de chaque "match" (faut dire "heat" en langage surfeur), deux surfeurs sont à l'eau pendant 35 min et enchainent les vagues
qu'ils souhaitent en essayant de faire le plus de figures ou de "tube", un "tube" étant une "traversée" de la vague pendant quelle se referme. A Teahupoo, c'est ce qu'il y a de plus
impressionnant et c'est ce qui rapporte le plus de point. Pendant les 35 min, chaque surfeur peut prendre jusqu'à 10 vagues sachant que seules les deux meilleures sont gardées pour la note
finale. Chaque vague est notée sur dix et la note finale, addition des deux meilleures notes, est donc une note sur 20. Kelly Slater, en 2005, a réussi l'exploit d'avoir un 20 sur 20 en finale !
En général, chaque surfeur est capable de faire de beaux tubes et de belles figures et une partie de la réussite finale dépend du choix de la vague. Pas plus tard qu'aujourd'hui, un Français a
été éliminé car il a laissé passer LA "bombe" de sa session. Lorsqu'une même vague est désirée par les deux surfeurs, c'est le surfeur prioritaire qui a le passage, la priorité changeant lors de
la session (mais je ne sais pas selon quels principes !). Voilà, vous en savez à peu près autant que nous maintenant sur le surf !
Au niveau des résultats, il faut tout d'abord savoir que le cru 2009 ne restera pas dans les annales. Le temps est moche (il pleut à Teahupoo mais il faut beau à Papeete !) et les vagues ne sont
pas au rendez-vous et après avoir vainement attendu une amélioration de la situation, les organisateurs sont en train de solder cette étape du circuit mondial sur des mauvaises conditions, au
risque de faire perdre le spot tahitien de sa superbe. Et question compétition, c'est un peu gris aussi car tout le "team France" (les Polynésiens et les Français) a été éliminé très rapidement
et Kelly Slater, le chouchou de ces dames et l'attraction du circuit pro (c’est le Chabal du surf), a été sorti dès son premier heat malgré une belle prestation, puisqu'avec son 15, il a eu un
des meilleurs scores de la compétition. Mais son adversaire basque (non les filles, ce n’est pas Liza !) a eu plus de 17, notamment grâce à un tube qui a été noté 9.77 !
Après tout ce blabla, vous devez vous dire qu'on adore le surf et qu'on a dû s'y mettre. Et bien non, mais je reconnais que la sensation de glisse nous manque depuis que nous sommes à Tahiti car
nous avons abandonné le ski et le roller, alors on va peut-être finir par succomber à l'appel des vagues, qui seront plutôt des vaguelettes au début, voire de la "mousse" comme on dit chez les
"riders" !
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